Historique du projet

Researchers at work, Timbuktu Researchers at work, Timbuktu

Depuis 2002, lorsque l’idée de l’élaboration du Projet Manuscrits de Tombouctou émergea pour la première fois, nous nous sommes engagés dans différents aspects de l’étude de la tradition manuscrite de Tombouctou, Mali. Cette ville qui était un important centre d’étude a connu, du 13ème au 20ème siècles, une importante célébrité en Afrique de l’ouest et bien au-delà.  Les maîtres locaux et leurs étudiants avaient transcrit leurs travaux – originaux et copies – sous forme de manuscrits ou textes écrits à la main. Notre projet s’est beaucoup intéressé aux divers contenus de ces manuscrits, à la circulation des maîtres et des idées, à l’économie du livre manuscrit ainsi qu’à d’autres aspects du ‘‘travail d’érudition’’ de Tombouctou.

Une sélection de textes juridiques (initialement 100 manuscrits de dimensions différentes) a été numérisée à la Bibliothèque Mamma Haidara de Tombouctou en janvier 2004. Par la suite, 60 autres manuscrits de la collection Ahmad Baba ont été également numérisés par le projet pour la recherche. Au tout début du lancement de notre projet, il a été décidé qu’au moins certains des manuscrits saisis en numérisation seraient étudiés plus en profondeur, ce qui impliquait une traduction en anglais.  En 2004, nous nous sommes mis à l’étude des manuscrits numérisés en produisant des manuels comprenant des textes choisis.

Depuis, des manuscrits de diverses longueurs et traitant de thèmes différents ont été étudiés en profondeur et traduits de façon à servir de  base à la recherche et aux travaux de thèses de master entre autres. Nous étudions divers aspects des manuscrits, à savoir, les domaines de l’histoire juridique et historique ; les élites de la culture ; l’histoire du livre et de la collection de livres ; l’histoire de la lecture en Afrique de l’ouest et la calligraphie arabe africaine.

La recherche et la traduction des manuscrits de Tombouctou se poursuivent à l’heure actuelle.  Toutefois, l’étendue du projet s’élargit, embrassant les cultures écrites d’autres parties du continent africain.

Swahili Manuscript, Mozambique Swahili Manuscript, Mozambique

De nouvelles collections ont été découvertes et identifiées au Mozambique et à Madagascar à la fois en arabe et en ce qu’il est convenu d’appeler ajami (makua en écriture arabe, malagasy en écriture arabe). Des collections existantes à Zanzibar (en arabe et en swahili) ont été augmentées grâce à de nouveaux travaux sur des bibliothèques privées. La récente publication d’une collection de documents juridiques venant des côtes de Somalie a attiré l’attention vers de nouvelles sources de documents. Il existe en Ethiopie une longue tradition d’écrits chrétiens coptes en amharique, ce qui rend nécessaire une recherche sur l’art du livre amharique ; il existe également des textes écrits en arabe et en amharique dans les archives d’Addis Abeba.  La liste des exemples est vaste et couvre une importante partie du continent.

De multiples questions émergent de la ‘‘redécouverte’’ sur le continent de diverses collections de manuscrits. Les deux principaux domaines sur lesquels le projet entend focaliser sont ‘‘l’histoire du livre’’ en Afrique, et l’état des archives dans lesquelles sont conservés ces livres manuscrits. Le premier entend  mettre fermement le monde du livre africain au centre d’une discussion internationale sur le secteur croissant de ‘‘histoire des livres’’, dont elle est absente pour le moment. Le dernier, d’un point de vue plus pratique, veut s’intéresser à la manière dont les archives sont constituées et adaptées : les stratégies appliquées aux archives.